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Lot 25 - CHRIST D'APPLIQUE - Limoges, seconde moitié du XIIIe siècle

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CHRIST D'APPLIQUE
Limoges, seconde moitié du XIIIe siècle

MATÉRIAUX
Cuivre et traces de dorure
H. 19,3 cm, L. 16,5 cm, P. 1,3 cm

Ce Christ d'applique en cuivre originellement doré rend compte de la grande tradition limousine du travail de ce métal depuis le XIe siècle et durant tout le Moyen-âge.
Le Fils de Dieu se présente les bras écartés en position horizontale, symbole de sa Crucifixion. Deux trous visibles au centre de ses paumes indiquent qu'il devait être à l'origine fixé sur une Croix. Son visage rond adopte des traits stylisés qui trahissent la douleur causée par son supplice. Ses yeux sont miclos, sa bouche et son nez légèrement déformés par l'épreuve subie.
Il est coiffé d'une couronne fragmentaire dont le voile retombe sur ses épaules. Son torse, fin et souple, est souligné par deux puissants pectoraux. Son abdomen laisse voir quelques côtes saillantes. Les muscles sont simulés par une fine gravure rappelant de grandes feuilles lancéolées. Sa nudité est voilée par un large périzonium retombant en plis secs et géométriques. Ses deux jambes minces demeurent côte à côte, les pieds percés symbolisant la présence des clous.

Les artistes limousins ont utilisé un cuivre très pur dans leur production. Ils n'hésitaient pas à raffiner le minerai qui pouvait être importé pour travailler au mieux le métal. Très souvent, les détails incisés, comme le torse de ce Christ, étaient préalablement dessinés avec un burin sur le cuivre.
En fonction de la profondeur souhaitée, il était nécessaire de repasser l'outil plusieurs fois. L'utilisation de telles figures d'applique en relief a toujours fait partie de l'œuvre des ateliers limousins. Celle que nous présentons a été obtenue à partir d'une feuille de cuivre, mise en forme par sa face interne et ensuite peaufinée sur sa face externe.
Ce travail au repoussé se faisait à l'aide de marteaux à tête ronde et d'outils à ciseler pour dégrossir la forme. L'arrière de ce Christ révèle que la majorité des détails ont été obtenus sur la face externe, seuls les drapés ont été réalisés au repoussé.

Les œuvres de Limoges ont connu une formidable permanence des formes et des styles et plusieurs courants différents ont existé sur une même période. Vers 1250, les artistes se tournent vers des figures plus monumentales, à la fois fermes et sobres comme en témoigne notre Christ ; tout en conservant quelques tendances antérieures comme la rondeur des visages.

Notre figure d'applique est ainsi comparable au Christ ornant le centre d'une croix de procession datant de la seconde moitié du XIIIe siècle conservée dans l'église paroissiale d'Argentat en Corrèze (provenant à l'origine de l'église de la Chapelle-aux-Plats) (fig. 1).

On y observe la même figure du Christ, les drapés secs du périzonium et surtout le même type de gravure de l'abdomen imitant un feuillage.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Collectif, L'OEuvre de Limoges - Emaux limousins du Moyen-âge, catalogue de l'exposition, Paris, Musée du Louvre, du 23 octobre 1995 au 22 Janvier 1996, éd. RMN, Paris, 1995
Collectif, Emaux limousins du Moyen-âge - Corrèze, Creuse, Haute- Vienne, éd. Culture et Patrimoine en Limousin, 1995
Collectif, Corpus des émaux méridionaux - Tome II - L'apogée (1190-1215), éd. du Louvre, Paris, 2011

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Thème : Sculptures Ajouter ce thème à mes alertes