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Lot 44 - HENRI III, ROI DE FRANCE (1551-1589) - Ecole française

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HENRI III, ROI DE FRANCE (1551-1589)
Ecole française, fin du XVIe siècle
Attribué à Jean Decourt, vers 1582
Matériaux
Gouache et or sur vélin
Cadre en chêne de bois, fleurs de lys aux écoinçons sculptés en relief et recouvert d'une feuille d'argent
H. 13 cm, L. 8 cm

Provenance
Ancienne collection du Duc d'Hamilton
Ancienne collection Tabourier, vente Drouot du 20 au 22 juin 1898
Ancienne collection Gaston de Vare
Ancienne collection Maurice Delafosse
Ancienne collection Michel de Bry

Cette superbe miniature, d'une grande fraîcheur de polychromie, représente le Roi de France Henri III, en pied, vêtu d'un costume d'apparat. Appuyé sur un fauteuil à bras, il regarde le spectateur dans une tenue majestueuse. Il arbore un vêtement essentiellement blanc, sobre et du plus grand luxe comme une capeline fourrée, une ceinture ornée de pierreries tout comme sa coiffe à plumet. Le Roi apparaît dans un intérieur somptueux, pavé de marbre, encadré de lourds drapés sur un fond de tenture tissée d'or. En signe de son pouvoir, il porte une épée sur le côté et le Collier de l'Ordre du Saint Esprit, fait de trois rangs de pierres précieuses et d'une Croix à huit branches. Cet atours est un élément important pour la datation de notre œuvre car cet Ordre fut créé par Henri III lui-même le 31 décembre 1578. Notre miniature doit donc être datée à partir de 1579.

Dans le catalogue d'exposition « Ronsard, la trompette et la lyre », notre œuvre (reproduite page 181, n°283) est attribuée à Jean Decourt (actif vers 1530-1584) et datée vers 1582. L'exposition Clouet à la Bibliothèque Nationale le décrit comme peintre du Roi à partir de 1572, à la suite de François Clouet et après un séjour en Ecosse où il se mit au service de Mary Stuart.
Une telle attribution est notamment permise au regard des dessins du roi qu'il a réalisé et conservés à la Bibliothèque Nationale et au Musée de Chantilly. La production de cet artiste n'est pas véritablement identifiée et parfois confondue avec celle d'Etienne Dumonstier par exemple. En outre, de récentes études ont permis de rapprocher son travail d'un autre artiste de la fin du XVIe siècle appelé « l'Anonyme Lecurieux », du nom du collectionneur du XIXe siècle qui rassembla plusieurs de ces œuvres. Au-delà de l'identification précise de notre artiste, on constate que son style et sa manière de traiter ses personnages se situe dans la continuité des plus grands portraitistes royaux du XVIe siècle; à savoir Jean Clouet (1480-1541) et son fils François (1520-1572) notamment au regard du traitement de la barbe et de la chevelure, de la douceur des visages malgré la pâleur des carnations et du modelé général de la figure.

Henri III était le troisième fils d'Henri II et de Catherine de Médicis. Son règne, qui débuta en 1574, fut très marqué par la présence de sa mère. En effet, sa posture solennelle et sa représentation en habit d'apparat ne sont pas anodines. Ceci correspond à une volonté politique de donner à l'image royale une véritable stature et une assise sérieuse souhaitées par Catherine de Médicis. A la fin de l'année 1576, Henri III décida donc de changer radicalement sa façon de gouverner. Il se tourna vers d'autres vertus, préférant la paix à la guerre, la justice, la sagesse et la prudence. Pour se démarquer de ses sujets et asseoir sa royauté, il va exalter sa majesté princière pour rompre avec l'image du souverain facilement accessible et familier en cours jusqu'alors. Dans notre œuvre, Henri III se présente en roi idéal. Le fait d'être en pied, dans ce costume d'apparat, plutôt qu'un simple portrait, lui permet de se distinguer de tous les autres dignitaires de la Cour.
Contrairement aux portraits peints et dessinés de lui, il apparaît dans notre tableau avec des yeux très ouverts et agrandis. Il quitte une certaine moue pour adopter une bouche esquissant un sourire. Ce nouveau type de portrait est très important pour le Roi qui décide de le faire copier et graver par ses artistes. Nobles et bourgeois vont alors se bousculer pour l'acquérir et montrer ainsi leur fidélité et leur proximité avec lui.

Notre gouache témoigne du profond bouleversement de l'image royale voulue par le dernier des Valois, jusqu'alors statique et hiératique, pour laisser transparaître un message politique et humain.
L'œuvre que nous présentons était à l'époque bien plus qu'une image de propagande ; c'était une présence réelle du monarque, s'imposant en tant que tel et se voulant un souverain pacificateur, protecteur et soucieux de ses sujets.

Expositions
Musée de South Kensington, works of art of the mediaeval, renaissance and more recent periods Londres, Juin 1862, décrite sous le numéro 2448: Collection lent by the Duke of Hamilton and Brandon- Henri III by François Janet - Third son of Henri II and Catherine de Medicis (1551-1589); assassinated by a fanatical monk, Jacques Clement
Exposition Universelle du Trocadéro, Paris, 1878 (selon l'étiquette au dos)
Bibliothèque Nationale de France, Ronsard, la trompette et la lyre, Paris, du 12 juin au 15 septembre 1985, reproduit au catalogue p. 181 et décrit sous le numéro 283
Références bibliographiques
Isabelle de Conihout, Jean-François Maillard, Guy Poirier, Henri III, Mécène des Arts, des Sciences et des Lettres, éd. PUPS, Paris, 2006
Collectif, De François I à Henri IV-Les Clouet à la Cour des Rois de France, Catalogue d'exposition, Paris, Bibliothèque Nationale, 1970
Collectif, Dessin de la Renaissance de la Bibliothèque Nationale de France, Catalogue d'exposition à la Bibliothèque Nationale de France du 24 février au 24 avril 2004, éd. BNF, Paris, 2004

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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes