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Lot 32 - LAMPE à HUILE : LE SACRIFICE à PRIAPUS

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LAMPE à HUILE : LE SACRIFICE à PRIAPUS
Attribué au Maître L. C. I.
Italie, Padoue ou Milan, XVIe siècle
Matériau Bronze à patine brun nuancé
H. 2 cm, L. 15 cm, P. 6 cm

Cette lampe à huile en bronze à patine brun nuancé peut être attribuée au Maître L. C. I, du fait de ces trois lettres présentes sous la scène centrale. Aujourd'hui encore non identifié, cet artiste est ainsi désigné par le Victoria and Albert Museum de Londres et le Metropolitan Museum de New York qui possèdent une plaquette identique à celle présente sur notre lampe.

Il pourrait s'agir d'un modèle créé par Cristoforo di Geremia, actif entre 1456 et 1476.

Elle est centrée d'un médaillon sculpté en bas-relief d'une scène puisée dans la mythologie grecque où deux jeunes femmes, l'une debout et l'autre agenouillée, se livrent à des incantations autour d'un trépied destiné à recueillir des offrandes.
A l'arrière plan, un homme tient tendu au bout de son bras une couronne de laurier dirigée vers un buste en gaine au symbole phallique.

Il s'agit de la représentation d'un sacrifice à Priapus, dieu de la fertilité, aisément reconnaissable à son érection permanente (qui donna le terme médical de priapisme).
Ce médaillon trouve sans aucun doute son inspiration dans la très grande production de plaquettes qui occupa les plus éminents bronziers comme Moderno en Italie du Nord depuis le XVe siècle.

On observe ainsi sur ces petits éléments traités en bas relief la même stylisation des personnages, aux corps et membres exagérément longs, tant dans des représentations profanes que religieuses.

L'anse et le bec verseur s'agrémentent de coquilles et de rinceaux dont le décor se prolonge sur l'arrière en d'élégantes volutes et palmettes.

Le pourtour de l'objet est orné de centaures tenant une torche ou jouant de la flûte sur lesquelles deux naïades sont juchées. Comble du raffinement, ces personnages mi-homme mi-chevaux se retrouvent au niveau du bec, leurs queues s'épanouissant en volutes pour souligner la forme sinueuse de l'objet. Sur le fond, on observe des inscriptions gravées CIC. IOMS.

Ces lettres ont été analysées par l'historien Ricci comme étant les abréviations de C(aius) I(ulius) C(aesar) I(ovi) O(ptimo) M(aximo) S(sacrum) et dénoncent la régnance de l'Antiquité sur les artistes de la Renaissance.
Ce type de lampe est tout à fait comparable, dans sa forme, ses inscriptions et le décor de sa panse, à celles conservées dans la Samuel H. Kress Collection et au Kunsthistorisches Museum de Vienne, attribuées à un artiste padouan de la fin du XVIe siècle.

L'anse et le bec adoptent tous les deux une forme de coquille et se parent à l'arrière de rinceaux et volutes.

La panse est finement sculptée d'un décor continu de centaures.

La Samuel H. Kress collection possède également une plaquette attribuée à un artiste de Milan de la fin du XVIe siècle montrant une scène de sacrifice à Cupidon portant les inscriptions LCsRii que l'on peut rapprocher des initiales de notre lampe.

Les grands spécialistes comme Bode ou Planiscig ont longtemps rapproché ce type de lampe à Andrea Riccio (1470 - 1532) et son atelier ; mais il est plus probable que le Maître L. C. I. fut un grand bronzier de Padoue ou de Milan à la fin du XVIe siècle, certes fortement influencé par l'OEuvre de Riccio mais qui travailla quelques décennies plus tard. Au-delà de cette difficile attribution, cette lampe à huile témoigne du grand savoir-faire des artistes italiens du XVIe siècle qui savaient parfaitement transformer un objet domestique des plus banals en une véritable œuvre de sculpture.

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Thème : Objets d'Art Ajouter ce thème à mes alertes