Chargement en cours
Ma sélection

Lot 31 - PORTRAIT ÉQUESTRE DE LOUIS XIV - D’après le modèle de Martin van den Bogaert, [...]

Estimation : 80 000 € / 120 000 €

résultat non communiqué

PORTRAIT ÉQUESTRE DE LOUIS XIV
D’après le modèle de Martin van den Bogaert, dit Desjardins (Breda, 1637- Paris, 1694)
Paris, époque Louis XIV, vers 1700
Bronze à patine brune
Socle en poirier et bronzes dorés
H. 44 cm, H. totale : 72 cm, L. 42 cm, P. 20 cm
Provenance
Ancienne collection Edmond Rostand (1868-1918)
Ancienne collection Jules Strauss (1861-1943)
Vente à Paris, Galerie Charpentier, Me Etienne Ader, 27 mai 1949, n°83
Ancienne collection de Mme Camoin
Bibliographie
Stéphane Faniel (sous la direction de), Le Dix-Septième Siècle Français
éd. Hachette, coll. Connaissance des Arts, Paris, 1958, p. 163

Exposition
Collectif, préface Wend von Kalnein, Europäische Barockplastik am Niederrhein: Grupello und seine Zeit,
Düsseldorf, Kunstmuseum (actuel Museum Kunstpalast), 1971, cat. n° 327

Cette exceptionnelle statue équestre de Louis XIV en bronze à patine brun nuancé est une réduction du modèle conçu par Martin van den Bogaert dit Desjardins (1637 - 1694) pour orner la place Louis-le-Grand à Lyon.
Louis XIV se présente en selle sur un cheval au passage, les jambes antérieure gauche et postérieure droites levées. Le buste droit, le souverain adopte une attitude sereine notamment au regard de ses pieds tirés vers le bas qui ne reposent pas sur des étriers.
Son visage, tourné légèrement sur la gauche, est encadré par une perruque voluptueuse retombant en boucles épaisses. La grande qualité de fonte et de ciselure apparaît au niveau de son vêtement aux drapés souples jetés sur ses épaules. Il porte une courte jupe à lames finement gravées de fleurs de lys et de postes. Cette armure d’apparat gravée de rinceaux, propre aux grands guerriers de la Légion romaine, est complétée par des sandales, laissant entrevoir ses pieds nus. Un petit noeud placé au dessus des chevilles renvoie malgré tout à la mode du XVIIe siècle. Il tient son bâton de commandement appuyé sur sa cuisse. Louis XIV, fier et majestueux, est assis sur un superbe tapis de selle décoré d’un soleil au visage humain rayonnant, symbole de son règne, de sa gloire et de sa splendeur. Son destrier a fait l’objet de la plus grande attention notamment au regard du traitement souple et réaliste de sa crinière et de sa queue. Son port de tête et sa démarche, d’une grande noblesse, se confondent avec l’allure de son cavalier. Les
modelés rendent parfaitement la musculature et le mouvement de l’animal.
Il est présenté sur un socle de poirier teinté agrémenté de motifs en applique à médaillons au profil du souverain et des armes de France et de Navarre sur fond de trophées d’armes et étendards.
Martin Van den Bogaert, après avoir reçu sa formation artistique à Anvers, arrive à Paris où il francise son nom en Desjardins. Il fut l’un des prestigieux sculpteurs engagés à la Cour de Louis XIV dès 1670 pour la décoration du château de Versailles.
En 1686, l’élite de la ville de Lyon décida de lui commander une statue équestre du Roi et de l’ériger au centre de la toute nouvelle place Louis-le-Grand (actuellement Place Bellecourt). Le 20 mai 1688, le Maréchal de Villeroy, Gouverneur de Lyon, passe contrat avec l’artiste. Si Desjardins est choisi, son travail s’effectue sous la direction de Jules-Hardouin Mansart (1646 - 1708), alors Premier Architecte du Roi et Intendant Général des Bâtiments. La fonte fut réalisée par Roger Schabol, très proche de l’artiste, dans les ateliers Keller en 1693-1694 mais ne sera dressée à Lyon qu’en 1713. Détruite en 1792, cette sculpture monumentale nous est connue grâce à une gravure de Jean Audran de 1723.
Si la gravure d’Audran nous renseigne sur le monument original, c’est surtout grâce
aux réductions en bronze, à l’image de la nôtre, exécutées pour certaines pendant la
réalisation même du projet, qui nous permettent de nous faire une idée très précise
du chef-d’oeuvre de Desjardins. On sait que Roger Schabol (ou Scabol vers 1656 – après 1714) ainsi que le neveu de Desjardins, Jacques, deux éminents fondeurs, ont réalisé ce type de statuette.
Les premiers propriétaires de ces réductions furent des personnages importants, porteurs de charges d’Etat, auxquels ils furent probablement offerts. On retrouve plusieurs de ces exemplaires dans les catalogues de vente du XVIIIe siècle, tels que celui de Nicolas-Auguste Chupin, Conseiller du Roi le 17 août 1756.
Parmi les exemplaires prestigieux aujourd’hui répertoriés figure celui des collections
de S.M. la reine Elizabeth II, un exemplaire qui, selon Seelig, fut probablement réalisé directement dans l’atelier de Desjardins, peut-être par son neveu Jacques, un fondeur de grand renom . Le roi porte ici une moustache, un détail qui n’apparaitra plus après 1700. Attribués à Roger Schabol, signalons encore l’exemplaire de la National Gallery of Art de Washington, ainsi que l’incroyable exemplaire acheté 1.000 livres en juin 1754 au sculpteur Jean-Baptiste Lemoyne par le comte Ditlev Reventlow, envoyé extraordinaire de la cour du Danemark à Paris, pour le compte de la couronne suédoise. Non reparée, ni ciselée, encore dotée de ses jets et évents, ce bronze avait été acquis en l’état dans le but d’aider à la mise en place des jets et des évents nécessaires à la statue équestre de Frédéric V du Danemark à laquelle oeuvrait le sculpteur Jacques Saly. Il est aujourd’hui
conservé au Statens Museum for Kunst, à Copenhague.
Le portrait équestre de Louis XIV présenté ici fit successivement partie de deux importantes collections : celle de l’écrivain Edmond Rostand (1868-1918), auteur du fameux Cyrano de Bergerac, puis celle du banquier et grand collectionneur Jules Strauss (1861-1943). Il appartient à un très petit groupe d’exemplaires reposant sur une base oblongue similaire en bois noirci, à petits côtés curvilignes, enrichie, avec variantes, d’ornements en bronze ciselé et doré : trophées aux armes de France et de Navarre, profils du roi en médaillon, chiffre du roi aux « L » entrelacés visibles sous une couronne fermée, ou encore
bas-reliefs illustrant les campagnes militaires du roi d’après Van Der Meulen. L’un de ces exemplaires fit partie de la collection des princes d’Arenberg

Demander plus d'information

Thème : Sculptures Ajouter ce thème à mes alertes