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Lot 76 - * AUGUSTE RODIN (Paris, 1840-Meudon, 1917) - BUSTE DE VICTOR HUGO, DIT “A [...]

Estimation : 80 000 € / 100 000 €

Adjugé 299 000 €


Résultats sans frais

* AUGUSTE RODIN (Paris, 1840-Meudon, 1917)
BUSTE DE VICTOR HUGO, DIT “A L’ILLUSTRE MAÎTRE »
Bronze à patine brune nuancée sur socle piédouche intégré
H 38,1 cm, L. 16,8 cm
Socle 13,6 x 13,7 cm env.
Fonte au sable réalisée du vivant de l’artiste, circa 1916
Fonderie Alexis Rudier, Paris
AUGUSTE RODIN & VICTOR HUGO
Dès sa jeunesse, Rodin éprouve une grande admiration pour Victor Hugo (1802-1885), à travers Notre-Dame de Paris, Les Contemplations et surtout Les Orientales. Il partagera plus tard la même passion pour Dante, en particulier pour L’Enfer. Hugo a en effet composé en 1836 un poème intitulé Après une lecture de Dante (Les Voix intérieures, XXVII), et Rodin, à partir de 1880, travaille à sa Porte de l’Enfer, largement inspirée par le poète florentin. En 1902, Edward Steichen associe les trois noms en photographiant Rodin face au Penseur, et devant le Monument à Victor Hugo. Dans cette image, résultant du montage de deux négatifs, les profils à contre-jour de Rodin et du Penseur, dans sa version agrandie, se font face, réunis autour de la figure baignée de lumière du poète.
LA RENCONTRE
Lors du Salon de 1882, le buste représentant Victor Hugo couronné de lauriers réalisé par Victor Vilain déçoit Edmond Bazire (1846-1892), journaliste au Rappel et à L’Intransigeant : « J’aurais rêvé peut-être un Victor Hugo plus familial, à la barbe annelée ayant de la douceur et de la paternité (…) et j’auraisvoulu que la postérité le vît dans sa grandeur sereine et bonne. » En revanche, le buste de Rodin représentant le peintre Jean-Paul Laurens l’enthousiasme. Rodin lui écrit pour le remercier et l’invite à venir voir son travail. Bazire lui rend visite dans les ateliers de la rue de l’Université à la fin de l’automne 1882. Le journaliste et le sculpteur deviennent amis, comme en témoigne l’exemplaire dédicacé de L’Art d’être grand-père.3
En 1883, Bazire introduit Rodin auprès du poète et homme politique, alors âgé de 80 ans et au faîte de sa gloire. Victor Hugo refuse de se prêter à d’interminables séances de pose, suite à une très mauvaise expérience auprès de Vilain.
Rodin est donc contraint d’observer « à la sauvette » son illustre modèle, et réalise, au cours des repas, de nombreux croquis « sur le vif » : beaucoup sont tracés sur de petites feuilles de papier très fin, qu’il tient au creux de sa main : Portrait de Victor Hugo (1883), Diverses études de la tête de Victor Hugo (1883), etc.
Rodin parvient à adapter sa méthode de travail aux exigences de son modèle, et même à en tirer avantage.
Le 27 février 1883, Rodin assiste au banquet donné à l’Hôtel Continental en l’honneur des 81 ans de Victor Hugo. Peu de temps après, un mouvement d’humeur du poète met fin au travail de Rodin. Le portrait en terre crue reste un temps chez Hugo. Toutefois, ce portrait inachevé est traduit en bronze
afin d’être présenté lors du banquet d’anniversaire des 82 ans d’Hugo, en 1884. Quelques semaines Plus tard, comme son Buste de Jules Dalou, il est exposé au Salon, sous le titre Buste de Victor Hugo, « À l’Illustre Maître ». Il y est très admiré. Rodin réalisera de nombreuses répliques en plâtre, bronze, marbre et terre cuite.
L’OEUVRE
L’oeuvre présentée est une remarquable sculpture de Rodin, Buste de Victor Hugo, dit « A l’Illustre Maître », une sculpture extrêmement réussie de l’écrivain qui a donné beaucoup de mal à Rodin car les conditions de pose qu’imposait Victor Hugo à ce dernier étaient extrêmement précaires. Mais il réussit toutefois à réaliser un chef-d’oeuvre.
Ce bronze a été fondu et réalisé sous la marque « Alexis Rudier » par Eugène Rudier, circa 1903-1910, comportant le cachet « A. Rodin » en relief à l’intérieur de la base et signé Rodin et Alexis Rudier sur le socle. Tant par sa ciselure que par sa patine exceptionnelles, cette épreuve est d’une rare qualité.
Expert : Albert Benamou

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