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Lot 29 - JUAN GRIS - (Madrid 1887 - Boulogne-Billancourt 1927) - COMPOTIER ET VERRE, 1916 - [...]

Estimation : 2 000 000 € / 2 200 000 €

Adjugé 2 170 000 €


Résultats sans frais

JUAN GRIS
(Madrid 1887 - Boulogne-Billancourt 1927)
COMPOTIER ET VERRE, 1916
Huile sur panneau
Non signé
61 x 38 cm
Provenance
Ancienne collection Léonce Rosenberg , Galerie de l’Effort Moderne - vente après décès le 14/02/1953, reproduit au catalogue planche XX et désigné sous le n°166. Acquéreur Galerie Georges Giroux, Bruxelles pour la somme de 75000 Francs
Ancienne collection Bragard Verviers, Belgique
Ancienne collection Galerie Louise Leiris, Paris, (n° inventaire 16897)
Bibliographie
Douglas Cooper, catalogue raisonné de l’OEuvre peint avec la collaboration de Margaret
Potter
Berggruen éditeur Paris, 1977, reproduit Tome I, Page 286, n°192.
Expositions
Le Cubisme à Prague, Château de Biron, Dordogne, 6 juillet-15 septembre 1991
Musée des Beaux-Arts de Nancy, 25 septembre-1er décembre 1991, n°91 reproduit Musée Cantini, Marseille, Juan Gris, Peintures et dessins 1887 -1927, 17 septembre 1998- 3
janvier 1999, catalogue n°36, Page 88 reproduit.
Galerie Berès Au Temps des Cubistes, 1910-1920, Paris 20 octobre 2006-27 janvier 2007, n°78, page 222, reproduit en couleur et en couverture du catalogue.
Juan Gris (1887-1927) est un peintre espagnol qui fit toute sa carrière en France à l’instar de son ami et rival Picasso. Il est sans conteste l’une des figures majeures du cubisme.
Arrivé à paris en 1906, il se lie d’amitié avec Matisse, Braque, Léger… Modigliani fit son portrait, aujourd’hui conservé au Metropolitan Museum of Art de New York. Dessinateur prolifique, il publie des illustrations dans de nombreux journaux et collabore avec Serge Diaghilev et ses ballets russes pour lesquels il dessine décors et costumes. Le style cubiste synthétique qu’il développe dans la lignée de Braque et Picasso est d’une facture très personnelle qui lui attirera une certaine jalousie de ce dernier. Plus harmonieux dans
ses formes, développant une palette de couleurs en camaïeux, comme le montrent ses portraits de Picasso ou de Josette son épouse, le style de Juan Gris est emprunt d’une certaine poésie qui témoignent de ces choix esthétiques où la douceur des formes et des teintes l’emportent sur les contrastes les plus arbitraires de ses camarades cubistes.
Comme nous l’avons déjà souligné, Juan Gris fut l’un des quatre peintres cubistes de l’École de Paris avec Picasso, Braque et Léger. Il mourut en 1927, à l’âge de 40 ans sans avoir acquis la célébrité. Il fallut attendre la réévaluation
critique fondamentale de l’art cubiste dans les années 50 pour que l’on redécouvrit ses qualités personnelles et pour que lui soit rendue la place d’honneur qui lui revient de droit parmi les quelques Grands Maîtres…
Gris exige du spectateur un effort intellectuel autant que visuel.
Aidé par ses dons innés, Juan Gris s’est formé lui-même en tant qu’artiste. Il rencontre à Paris Picasso et son entourage d’artistes, d’écrivains et de poètes. Il observa, intelligent et dubitatif tout ce qu’il vit et entendit… Ni disciple passif, ni pâle imitateur de Picasso ou de Braque, il ne suivit pas leur exemple…
En 1911-1912, Gris fréquenta les artistes de Puteaux et pris part à nombres de leurs discussions théoriques.
De ces contacts, naquit l’invitation à exposer à la Section d’Or… Gleizes, Metzinger, Delaunay et Jacques Villon, avaient découvert d’autres voies à suivre et peignaient des tableaux de type cubistes mais basés sur une conception plus théorique et se révélant plus stylisés et plus fidèles aux apparences que ceux peints par Picasso et Braque. Apollinaire écrivait au sujet de Juan Gris dans les peintres cubistes : « Voici l’homme qui a médité sur tout ce qui est moderne, voici l’artiste-peintre qui ne veut concevoir que des ensembles nouveaux. »
Dans le bulletin de la Vie Artistique, le 1er janvier 1925 concernant son opinion sur le cubisme, Gris déclarait ; « ne l’ayant pas adopté de façon consciente, après mûre réflexion, mais ayant travaillé dans un certain esprit qui ma classé dans cette tendance, je n’ai pas médité sur elle comme celui qui l’a observée
de loin ou qui y a réfléchi avant de l’adopter »
Apollinaire de rajouter : « La capacité qu’avait Gris au fur et à mesure de son évolution de composer son intellectualisme par une étude attentive de la nature. » Après 1914...il devint de plus en plus disposé à tempérer la science par la sensibilité. Il échappa au danger de se cantonner dans un système inflexible. Il s’est ainsi transformé en l’un des créateurs cubistes.
À partir de juillet 1916, ses tableaux sont plus délibérément structurés et moins encombrés de détails qu’auparavant. C’est une modification stylistique importante dans sa peinture qui va durer.
Le critique d’art Pierre Reverdy dans ses écrits, 1912-1926, et son interprétation du cubisme, énonce les principes esthétiques que devait respecter un véritable peintre cubiste en 1916 ; « Pour aimer cette
peinture, il faut comprendre d’abord pourquoi son aspect est tellement différent de celui auquel notre oeil était accoutumé. Le but est différent ; les moyens doivent l’être aussi et le résultat également… Depuis la création de la perspective comme moyen pictural, on avait trouvé dans l’art rien de si important...Comme la perspective est un moyen de représenter les objets selon leur apparence visuelle, il y a dans le cubisme les moyens de construire les tableaux en ne tenant compte des objets que comme élément et non du point
de vue anecdotique. Il ne s’agit pas d’en donner l’aspect mais d’en dégager l’essentiel en excluant le reste.
Par exemple la forme ronde d’un verre, en excluant le verre lui-même. »
Gris, dans les tableaux qu’il a peint entre l’hiver 1916 et 1917, semble être arrivé à cette représentation. Ainsi il donne la priorité aux formes et à la structuration de ses compositions picturales par rapport aux
apparences naturelles. Les tableaux qui en résulte sont parmi les plus nobles réussites de la carrière de Gris. Ils sont représentés dans le catalogue raisonné entre les numéros 184 et 322.
Notre oeuvre numérotée 192 se situe dans cette magnifique période de l’artiste.

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